AHOUARI Zahir, Université Abderrahmane Mira de Bejaia - Laboratoire des études sociologiques : travail, éducation, réseaux et espace

Titre : Les politiques d’emploi de jeunes diplômés algériens soutiennent la vulnérabilité au travail

Mots clés : jeunes diplômés ; travail ; précarité ; insertion professionnelle ; représentations

Résumé : Les transformations profondes du contexte socio-économique et politique de la société algérienne depuis les années 1990 ont favorisé le développement de la précarité professionnelle suite à la diffusion de nouvelles formes d’organisation du travail, la rationalisation de la gestion des entreprises publiques, le gel des recrutements dans le secteur public, l’intensification du travail informel, la contractualisation de l’emploi, la compressions des effectifs, la fermeture des entreprises publiques et l’incapacité de l’économie nationale à créer de nouveaux emplois. Dans le but de pallier les conséquences de ces mutations, les pouvoirs publics algériens ont adopté une série de mesures et de programmes sociaux au profit des couches sociales démunies. Ils ont mis en place, également, une politique d’emploi, s’appuyant sur une panoplie de dispositifs afin de lutter contre le chômage; développer l’esprit d’entreprise; promouvoir l’emploi des jeunes et encourager la création de l’emploi par des dispositifs d’aide à la création de micro-entreprises, des programmes d’insertion professionnelle et le développement de l’employabilité des chômeurs à travers la formation de reconversion et l’aide à la recherche d’un emploi. En dépit, de ces programmes, notamment ceux mis en place au profit des jeunes, le taux de chômage des jeunes de la tranche d’âge 16-24 ans estimé, au mois de septembre 2020, à (26,9%), principalement parmi la gente féminine (20,4%) est le plus élevé. Dont (26,5%) issu de la formation professionnelle, (27,8%) de l’enseignement supérieur et en moyenne, plus de six chômeurs sur dix (62,9%) sont des chômeurs de longue durée. Cette communication présente les premiers résultats d’une recherche, qualitative menée auprès d’une quinzaine de jeunes employés dans des établissements publics et privés, dans le cadre de l’un des dispositifs dédier à la lutte contre le chômage et la promotion de l’emploi de jeunes , à savoir : le programme d’aide à l’insertion professionnelle, sur les conditions de précarité des jeunes algériens diplômés des universités, dans l’objectif de tenter de répondre au questionnement suivant : Pourquoi les dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle ont perpétué la situation de précarité des jeunes diplômés ? Dans cette présentation, on s’appuiera sur les matériaux d’enquête pour illustrer comment et pourquoi les dispositifs de lutte contre le chômage favorisent la perpétuation de la précarité des jeunes chômeurs diplômés ? En effet, les premières observations ont révélé un certain nombre de réponses : l’inadéquation entre la formation théorique dispensée dans les universités avec les besoins réels des entreprises ; la représentation sociale dégradante du travail peu qualifié (manuel) ; les effectifs excédentaires dans les établissements publics ; l’opportunisme des employeurs privés ; lourdeurs bureaucratiques et manque de compétence et de sérénité dans les agences de l’emploi. Ces dernières seraient les raisons du prolongement de la situation de précarité des diplômés qui s’inscrivent dans ce programme. On proposera, enfin, d’articuler aux probabilités objectives d’insertion professionnelle les représentations de l’avenir et les modalités de critique de ces dernières.