DORMOY-RAJRAMANAN Christelle, Université de Lille - CIREL-RECIFES

 MIERZEJEWSKI Stephan, Université de Lille - CIREL-RECIFES

BROCCOLICHI Sylvain, Université de Lille - CIREL-RECIFES

JOIGNEAUX Christophe, Université de Lille - CIREL-RECIFES

Titre : Quelles vulnérabilisations des enseignant.e.s du primaire liées à leurs contextes de socialisation professionnelle ?

Mots clés : vulnérabilisation professionnelle ; socialisations ; contextes ; enseignant.e ; risques psycho-sociaux

Résumé : Les symptômes de la souffrance au travail des enseignant.e.s sont nombreux et croissants : de la crise des vocations aux différentes formes de sorties de classe (Danner et al., 2019), en passant par l’important turn-over qui affecte certains types d’établissements et de multiples formes de désengagement. Cette vulnérabilité dans le travail enseignant fait l’objet de travaux récents révélant l’ampleur des malaises et risques psycho-sociaux qui affectent les enseignant.e.s du secondaire et plus encore du primaire (Jégo et Guillo, 2016 ; UNSA, 2020). Les enquêtes internationales font, elles, ressortir l’extrême dévalorisation ressentie par ces enseignant.e.s en France et leur faible maîtrise des problèmes professionnels qu'ils ont à résoudre, non sans lien avec le hiatus flagrant entre les ambitions affichées dans les prescriptions officielles, les ressources mobilisées et les résultats obtenus : faiblesse croissante des acquis en fin d'école primaire et inégalités record constatées à 15 ans (OCDE, 2019).  Pour éclairer comment cette dynamique de vulnérabilité professionnelle croissante se traduit par de la vulnérabilité dans le travail des enseignant.e.s, nous proposons une entrée par l’étude des socialisations successives et conjuguées de professeur.e.s des écoles, basée sur des suivis longitudinaux (N=80) articulant entretiens et observations, de la formation de ces enseignants et jusqu'à 10 ans après leur titularisation. A contrario du constat classique d'un « choc de la réalité » entre formation et prise de poste, surmonté au cours des années suivantes, la tendance principale observée est celle d’un désenchantement croissant lié à l’érosion des idéaux motivant initialement le choix d'enseigner, sous l'effet de difficultés durablement importantes et mal reconnues par l’institution ; avec de fortes variations selon les trajectoires et dispositions antérieures et selon les affectations successives dans des contextes d'école plus ou moins anomiques ou structurants. Nous décrirons les manifestations récurrentes de ces vulnérabilités et analyserons la combinaison des principaux facteurs en cause. 

Bibliographie indicative :

Broccolichi S., Joigneaux C., Mierzejewski S. éd., 2018, Le parcours du débutant. Enquête sur les premières années d’expérience d’enseignement à l’écoleprimaire, Arras, APU.  

CNESCO, 2016, Inégalités sociales et migratoires, Rapport Scientifique : comment l’école amplifie-t-elle les inégalités ?   

Danner, M., Farges, G., Fradkine, H., Garcia, S., 2019, Quitter l’enseignement : un révélateur des transformations du métier dans le premier degré. Éducation et sociétés, 43(1), 119-136. 

Jégo S, Guillo C., 2016, Les enseignants face aux risques psycho-sociaux. Comparaison des enseignants avec certains cadres du privé et de la fonction publique en 2013, Éducation & Formations, 92, 77-113.  

OCDE, 2019, Résultats de TALIS 2018 (Vol. I), Des enseignants et chefs d’établissement en formation à vie.  

UNSA, 2020, Baromètre des métiers de l’éducation