LACHAUD Stéphanie, Université Bordeaux Montaigne - CEMMC - Centre d'Etudes des Mondes Moderne et Contemporain

Titre : La vulnérabilité des ouvriers de l’industrie verrière au XVIIIe siècle : quand les ouvriers luttent pour la libéralisation du monde du travail

Mots clés : verrerie ; mobilité ; conflits ; réglementation ; libéralisme

Résumé : Cette communication se construit d’un constat d’apparence paradoxal observé dans l’industrie verrière du XVIIIe siècle : les employeurs souhaitent limiter au maximum la mobilité de leurs ouvriers par des cadres réglementaires alors que ces derniers aspirent, au contraire, à une flexibilité beaucoup plus grande des conditions de leur emploi, mettant à cet effet des arguments libéraux dans la défense de leur liberté de mouvement. Il s’agira ici de comprendre comment se définit alors la vulnérabilité dans le monde du travail industriel et manufacturier de la fin de l’Ancien Régime en France et en quoi le cas de l’industrie verrière permet d’étudier les conditions de vie des ouvriers et leurs rapports au salariat. Ainsi, la vulnérabilité au travail ici réside essentiellement à l’impossible mobilité, qui tend à contraindre l’ouvrier à un salaire prédéfini et non réévaluable par une autre offre d’emploi. La vulnérabilisation de l’emploi apparaît ici comme une conséquence de l’encadrement réglementaire défini par les propriétaires des verreries. Cet exemple apparaît donc intéressant ici pour interroger la notion de vulnérabilité, au‑delà des formes contemporaines revêtues par cette notion. La communication s’appuiera sur un dépouillement des archives de l’intendance de Guyenne du XVIIIe siècle, car le représentant du roi en province qu’était l’intendant était souvent sollicité pour régler les différents liés aux conditions de travail dans ces manufactures qui n’exerçaient que sous autorisation et privilège royaux.