MONTCHARMONT POUSSET Laurence, Université de Lorraine - Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales

Titre : La vulnérabilité des ouvriers du BTP. Quelle relation avec les marges de manœuvre ?

Mots clés : BTP ; ouvriers ; intérimaires ; risques professionnels ; marges de manœuvre

Résumé : Le BTP comporte un nombre de risques importants. Pour faire face à ces risques, les ouvriers disposent de protections collectives et individuelles. Ils ont également des marges de manœuvre. Il s’agit d’espaces de liberté pouvant permettre aux salariés de préserver leur santé en adoptant des gestes appropriés. Ces marges de manœuvre sont plus ou moins importantes selon l’ancienneté, l’expérience professionnelle et la taille des entreprises. Les intérimaires, nombreux dans le BTP pour des missions courtes, peu expérimentés, n’ont pas tous les atouts pour se protéger. L’étude réalisée a été menée au moyen d’entretiens exploratoires auprès d’organismes de prévention, d’un questionnaire soumis à 155 ouvriers du BTP. En fonction des réponses reçues, des points ont été approfondis lors de 9 entretiens auprès d’ouvriers. Ces points concernent l’exposition aux risques professionnels, les procédures de sécurité, l’utilisation des protections individuelles et collectives. Pour réaliser cette présentation, nous avons mobilisé de nombreux travaux, par exemple de sociologues (Gollac M., 2006 ; Mashkova E., 2008 ; Hamon-Cholet S., 2002), et d’ergonomes (Caroly S.,2010 ; Chassaing K.,2010 ; Volkoff S., 2006). Dans la littérature, les données sont parcellaires. Cette communication se propose néanmoins de les mobiliser et de les discuter. Notre objectif est de répondre aux questions suivantes : la mise en place de marges de manœuvre varie-t-elle en fonction de l’ancienneté des ouvriers, de leur expérience et selon la taille des entreprises ? Les intérimaires ont-ils les mêmes marges de manœuvre que les autres salariés et sont-ils plus vulnérables ? L’ancienneté et l’expérience permettent d’acquérir des savoir-faire et ainsi de préserver la santé. L’inverse peut être constaté. Du fait de l’expérience professionnelle, des ouvriers prennent des risques. Ce comportement lié au fait que le salarié n’a jamais eu d’accidents, est renforcé par son avancée en âge et l’habitude de faire son travail de la même façon. Pour réduire les accidents, les entreprises instaurent des procédures (Forriere et alii, 2011). Elles sont plus importantes dans les grandes entreprises. Les marges de manœuvre sont donc faibles à l’inverse des petites qui ont souvent peu de personnel et n’ont pas les mêmes moyens que les structures importantes. Du fait de leur statut (changements réguliers de postes, missions de courte durée, manque d’expérience et de formation notamment concernant les règles de sécurité), les intérimaires sont plus vulnérables. Leur marge de manœuvre pour préserver leur santé peut être réduite voire inexistante. Nous proposerons des actions pour y remédier.

Bibliographie indicative :

Forriere Justine, Anceaux Françoise, Cegarra Julien, 2011. « L’activité des conducteurs de travaux sur les chantiers de construction : ordonnancement et supervision d’une situation dynamique. » P.U.F. Le travail humain. Vol. 74 : 283-308.