TONARELLI Annalisa, Università di Firenze - Laboratorio sulle Diseguaglianze

 VALZANIA Andréa, Università di Siena - Laboratorio sulle Diseguaglianze

Titre : Brouillage entre travail et assistance. La production de la précarité par le pouvoir publique en Italie

Mots clés : emploi précaire ; pauvreté ; politiques d'insertion ; marché du travail

Résumé : En 2018 a été introduite en Italie une nouvelle mesure de lutte contre la pauvreté à caractère universel; le REI (Reddito d’inclusione). Contrairement aux politiques en vigueur à partir de 2015, caractérisés par un simple transfert d’argent à benefice des familles en situation de pauvreté avec enfants en bas âge ou handicapé, le REI prévoit une prestation économique mensuelle associé à un projet personnalisé d'activation et d'insertion sociale et professionnelle visant à surmonter la condition de pauvreté. Cette mesure a été à son tour remplacée en 2019 par le Revenu de Citoyenneté (RdC) qui engage davantage le bénéficier, qui signe un « Pacte pour le travail », à suivre un parcours personnalisé de placement professionnel. C'est dans le contexte de ces changements de mesure qui s'insère notre contribution qui part des résultats d'une recherche qualitative réalisée en Toscane sur un échantillon de 40 bénéficiaires du REI interviewés à deux reprise (aout 2019 et aout 2020), L' objectif que l'on se pose c'est tout d'abord de réfléchir sur l’efficacité du REI et du RdC en tant que politiques d’insertion sociale et professionnelle, à partir d’un examen de leur mise en place; c’est à dire du fonctionnement des dispositif prévus par la loi et la façon dont il a été possible réorienter les services à la suite d'une changement si rapproché dans le temps . On passe en suite à reconstruire le processus de mise en sens dont ces dispositifs ont fait l’objet soit de la part des bénéficiers que des travailleurs sociaux chargé de l’accompagnement et pour qui l’emploi précaire constitue souvent le seul horizon en terme d’intégration professionnelle. En autre terme, la question qu'on se pose d'après Simmel c'est si les allocataires sont-ils principalement définis socialement par leur activité ou par leur rapport à l’assistance. En partent de l’analyse des trajectoires individuelles il s’agit, en fin de mettre en lumière les résultats produits en termes d’insertion professionnelle et la façon dont elle s’associe ( ou pas) d’une sortie de la condition de pauvreté. La richesse du terrain nous permet de dévoiler une multiplication d' emplois aidés, peu rémunéres et stigmatisant, que les bénéficiaires des allocations sont à mesure de repérer à travers la médiation des services d’accompagnement soit dans la fonction publique que dans le bénévolat et sur le marché du travail. Nombreux assistés sont donc obligés à travailler au noir, soit pour boucler leur budget soit pour ne pas perdre d’autre allocation. Face à une amélioration de la situation individuelle- pourtant souvent partielle et temporaire, comment est possible déceler par la seconde vague d’entretiens - notre intervention met l’accent sur la façon dont les politiques publiques contribuent directement à la création du statut de « travailleur précaire assisté » (Paugam, Duvoux, 2008) et quelles sont, à ce propos, les spécificités du cas Italien.